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Katanga : dans les coulisses de Kateketa : Kabund, Joyce Kazadi, les Tshisekedi et la guerre secrète pour le contrôle du cobalt

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Jean-Marc Kabund, Joyce Tunda Kazadi et le chinois Pam acteurs principaux de la mine de Kateketa

Kiki Kienge

Longtemps exploitée par des creuseurs artisanaux regroupés au sein de la coopérative Maadini Kwa Maendeleo (« richesse pour le développement »), la mine de Kateketa est devenue, au fil des années, le théâtre d’une lutte d’influence mêlant acteurs politiques, intérêts miniers et opérateurs chinois, au détriment de la population locale.

Selon plusieurs témoignages recueillis auprès d’anciens exploitants artisanaux de la zone, l’exploitation du gisement aurait débuté au début des années 2000 sous l’encadrement de la coopérative. Le site relève historiquement du portefeuille de la Gécamines, l’entreprise publique minière congolaise, propriétaire de nombreux actifs dans l’ancien bassin cuprifère du Katanga.

D’après plusieurs sources locales, un changement majeur serait intervenu après l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi en 2019. Une partie du gisement aurait alors fait l’objet d’un accord permettant l’arrivée d’investisseurs chinois. Les contours exacts de cette opération restent toutefois difficiles à établir, aucun document contractuel n’ayant été rendu public.

Le nom de Kabund revient avec insistance

Au cœur des accusations figure Jean-Marc Kabund, alors secrétaire général de l’UDPS et l’un des hommes les plus influents de la majorité présidentielle. Plusieurs représentants des creuseurs artisanaux affirment que l’ancien dirigeant du parti présidentiel entretenait des liens étroits avec les activités minières de Kateketa, notamment avec le citoyens chinois, Pam.

Dans les mêmes témoignages, le nom de Joyce Tunda Kazadi, aujourd’hui maire de Lubumbashi, revient régulièrement. Certains acteurs locaux soutiennent qu’elle aurait servi d’intermédiaire ou de représentante dans la gestion du dossier. Ces allégations n’ont toutefois jamais été confirmées par des documents officiels consultables publiquement.

Les proches de Jean-Marc Kabund ont toujours contesté les accusations selon lesquelles l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale aurait été le bénéficiaire réel de la concession.

L’éviction des creuseurs

Selon plusieurs membres de la coopérative Maadini Kwa Maendeleo, l’année 2021 aurait marqué un tournant. Des opérations de déguerpissement auraient été menées afin de mettre fin à l’exploitation artisanale du site.

Les témoins interrogés affirment que des militaires ainsi que des militants de la « Force du progrès », mouvement de soutien à l’UDPS, auraient participé à ces opérations. Les creuseurs estiment que ces interventions visaient à faciliter l’exploitation du gisement par des partenaires chinois de Kabund et Joyce Kazadi.

Ces affirmations n’ont pas fait l’objet d’une confirmation officielle des autorités militaires ou gouvernementales.

Une lutte interne au sommet du pouvoir

Le dossier Kateketa aurait ensuite pris une dimension plus politique encore. Plusieurs sources locales affirment qu’un proche parent du président Félix Tshisekedi aurait tenté de prendre le contrôle du site, provoquant des tensions avec les réseaux associés à Jean-Marc Kabund.

Selon cette version des faits, l’intervention aurait mobilisé des éléments de la Garde républicaine avant qu’une médiation au plus haut niveau ne conduise à un retrait des protagonistes concernés.

Kabund et plusieurs acteurs impliqués dans le dossier minier du Katanga ont évoqué l’intervention directe du président de la République, Félix Tshisekedi.

Après la rupture Kabund–Tshisekedi

La détérioration des relations entre Jean-Marc Kabund et Félix Tshisekedi a profondément modifié les équilibres autour de Kateketa.

D’après plusieurs interlocuteurs du secteur minier à Lubumbashi, le site serait aujourd’hui exploité ou contrôlé par d’autres intérêts économiques liés à des opérateurs chinois. Plusieurs sources évoquent également l’influence de personnalités proches du pouvoir actuel et de la famille présidentielle.

Ces affirmations restent difficiles à documenter en raison de l’opacité qui entoure les structures de détention des permis et les bénéficiaires économiques réels des activités minières dans la région.

Deux récits opposés

Deux versions continuent aujourd’hui de s’affronter.

La première, portée notamment par certains représentants des creuseurs artisanaux, soutient que Jean-Marc Kabund aurait exercé un contrôle indirect sur la concession à travers des intermédiaires locaux.

La seconde est défendue par l’ancien dirigeant de l’UDPS lui-même. Kabund affirme que la concession appartenait à Joyce Kazadi, qu’il présente comme une militante du parti ayant contribué à son financement. Il nie avoir été propriétaire du site ou bénéficiaire des activités minières qui y étaient menées.

Faute d’accès aux contrats miniers, aux registres détaillés du Cadastre minier (CAMI) et aux structures de détention réelles des sociétés impliquées, la question de la propriété effective de Kateketa demeure l’une des zones d’ombre les plus sensibles du secteur minier katangais.

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