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RDC : Joseph Kabila sonne la mobilisation contre le projet de révision constitutionnelle

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Joseph Kabila contre le changement de la Constitution

Kiki Kienge

RDC : Joseph Kabila sonne la mobilisation contre le projet de révision constitutionnelle

Dans une adresse solennelle au peuple congolais, l’ancien président Joseph Kabila a lancé, le 11 juin, une charge particulièrement virulente contre le pouvoir en place. Accusant les autorités de vouloir instaurer une « tyrannie » à travers une révision de la Constitution, il appelle à une mobilisation nationale pour défendre les acquis démocratiques.

Le ton est grave, presque dramatique. Sept ans après avoir quitté le pouvoir à l’issue de la première alternance pacifique de l’histoire de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila est sorti de sa réserve pour dénoncer ce qu’il considère comme une menace existentielle pour le pays.

Dans un message adressé à la nation le 11 juin, l’ancien chef de l’État affirme que ses avertissements répétés sur la dégradation de la situation politique et institutionnelle n’ont pas été entendus. Il rappelle avoir, dès mai 2025, proposé une « thérapie de choc en douze points » pour redresser le fonctionnement des institutions et préserver la cohésion nationale.

Depuis lors, estime-t-il, la situation n’a cessé de s’aggraver.

Le spectre de la « soudanisation »

Joseph Kabila reprend l’un des concepts qui ont marqué ses dernières prises de parole : celui de la « soudanisation » de la RDC. Selon lui, le pays court le risque d’une implosion comparable à celle qu’ont connue d’autres États africains confrontés à de profondes crises politiques et sécuritaires.

Il accuse le pouvoir actuel de gouverner de manière « arrogante, liberticide, prédatrice et profondément discriminatoire », tout en estimant que les règles fondamentales de l’État de droit sont désormais bafouées.

Mais c’est surtout la question constitutionnelle qui constitue le cœur de son intervention.

Une attaque frontale contre le projet de révision

Pour l’ancien président, l’adoption de la loi référendaire par l’Assemblée nationale confirme les intentions réelles du pouvoir : modifier la Constitution.

« Il ne s’agit donc pas d’allégations, de rumeurs ou de suppositions », insiste-t-il, estimant que les autorités ont désormais publiquement assumé leur volonté de réviser le texte fondamental.

Dans l’un des passages les plus sévères de son discours, Joseph Kabila qualifie cette initiative de « forfaiture » et accuse le chef de l’État d’avoir trahi son serment constitutionnel. Selon lui, cette démarche ouvre la voie à « l’instauration d’un pouvoir sans limite prévisible » et compromet toute perspective crédible d’alternance démocratique.

À ses yeux, la RDC est en train de devenir une « cocotte-minute prête à exploser », privée des mécanismes démocratiques nécessaires à sa stabilité.

L’article 64 comme fondement de la résistance

L’ancien président va plus loin en invoquant explicitement l’article 64 de la Constitution congolaise, qui impose à tout citoyen de faire échec à toute prise ou exercice du pouvoir contraire à la Constitution.

« Il ne s’agit pas seulement d’un droit. Il s’agit d’un devoir patriotique », affirme-t-il.

Cette référence constitue l’un des points les plus sensibles de son message. Sans appeler directement à l’insurrection, Joseph Kabila encourage les Congolais à soutenir les initiatives des forces politiques et sociales engagées dans la défense de la Constitution et des libertés publiques.

Il appelle à une vigilance citoyenne généralisée, invitant chaque famille, chaque quartier et chaque village à devenir un « mirador » chargé de détecter et dénoncer les atteintes aux droits fondamentaux et aux principes de bonne gouvernance.

Vers une nouvelle séquence politique ?

Cette sortie intervient dans un contexte de fortes tensions autour du débat constitutionnel. Alors que les partisans d’une réforme défendent la nécessité d’adapter les institutions aux défis actuels du pays, leurs opposants y voient une tentative de concentration du pouvoir et un risque de remise en cause des équilibres démocratiques.

Par son intervention, Joseph Kabila se positionne clairement comme l’une des figures centrales du camp opposé à toute modification de la Constitution. En présentant cet enjeu comme une question de « survie même du Congo », il cherche à élargir la mobilisation bien au-delà des clivages partisans.

Reste à savoir quel écho trouvera cet appel dans l’opinion publique et au sein de la classe politique congolaise. Une chose est certaine : en choisissant de hausser le ton et de placer le débat constitutionnel au cœur de son discours, l’ancien président contribue à ouvrir une nouvelle phase de confrontation politique dont les répercussions pourraient marquer durablement la vie institutionnelle du pays.

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