Kiki Kienge
Après avoir considérablement renforcé son partenariat stratégique avec les États-Unis, la RDC ouvre désormais davantage sa porte à la Russie.
L’agence russe Rossotrudnichestvo, chargée de la coopération culturelle et humanitaire internationale, a annoncé le 8 septembre la signature d’accords pour l’ouverture de 11 nouvelles « Maisons russes », dont une en République démocratique du Congo. Huit de ces nouveaux centres seront implantés en Afrique.
Officiellement, ces Maisons doivent promouvoir la langue russe, la culture, l’éducation, les échanges scientifiques et les programmes destinés à la jeunesse.
Mais leur présence en Afrique fait aussi l’objet de fortes controverses. Des chercheurs, journalistes et services de renseignement occidentaux les accusent régulièrement d’être des instruments du soft power et de l’influence russe. Certaines ont même été soupçonnées de servir de couverture à des activités d’espionnage ou de recrutement.
Washington, Pékin, Moscou : Kinshasa joue-t-elle sur tous les tableaux ?
Le contraste est frappant. La RDC approfondit son partenariat sécuritaire et économique avec Washington, tout en ouvrant un nouvel espace d’influence à Moscou, sans oublier son partenariat historique avec la Chine.
Une stratégie multipolaire peut permettre à Kinshasa de défendre ses intérêts en évitant de dépendre d’une seule puissance.
Mais une question demeure :
La RDC construit-elle une véritable diplomatie souveraine et équilibrée… ou devient-elle progressivement le terrain de compétition entre Washington, Pékin et Moscou ?
La future Maison russe de Kinshasa pourrait bien être un simple centre culturel.
Mais dans la nouvelle guerre d’influence qui se joue en Afrique, rien n’est jamais totalement « culturel ».















