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Ebola : la souche Bundibugyo provient de l’Ouganda, pas de la RDC

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Ebola : la souche Bundibugyo a sa source en Ouganda, et non en RDC.

Kiki Kienge

Depuis plusieurs semaines, des publications virales sur les réseaux sociaux affirment que la souche « Bundibugyo » du virus Ebola serait née en République démocratique du Congo (RDC). Pourtant, les données scientifiques et historiques montrent que cette variante du virus a été identifiée pour la première fois en Ouganda, et non sur le territoire congolais.

Une souche découverte en Ouganda

Le virus Bundibugyo ebolavirus a été détecté pour la première fois en 2007 dans le district de Bundibugyo, à l’ouest de l’Ouganda, près de la frontière avec la RDC.

Les chercheurs lui ont donné ce nom selon la pratique habituelle qui consiste à nommer certaines souches virales d’après leur lieu de découverte. Comme la souche « Zaïre » avait été identifiée dans l’ancien Zaïre — aujourd’hui la RDC — la souche Bundibugyo porte le nom du district ougandais où elle a été observée pour la première fois.

Depuis cette découverte, plusieurs flambées ont également été enregistrées en RDC, notamment dans l’est du pays. Cette proximité géographique explique pourquoi une confusion s’est progressivement installée dans l’opinion publique africaine et internationale.


Pourquoi la RDC est-elle davantage associée à Ebola ?

Même lorsque certaines souches apparaissent ailleurs, la RDC reste souvent le pays le plus associé au virus Ebola dans les médias internationaux.

Cette situation s’explique par plusieurs facteurs historiques, sanitaires et politiques.

1. La RDC a connu le plus grand nombre d’épidémies Ebola

Depuis 1976, la RDC a enregistré plus d’une dizaine de flambées d’Ebola. Certaines ont été parmi les plus meurtrières du continent.

Le nom même de « virus Ebola » vient de la rivière Ebola située dans l’actuelle RDC, où fut identifiée la première grande épidémie de la souche Zaïre.

Cette ancienneté historique a durablement associé le pays à la maladie dans l’imaginaire collectif mondial.


2. Des infrastructures sanitaires fragiles

Les spécialistes de santé publique soulignent régulièrement les difficultés structurelles auxquelles fait face la RDC :

  • faible couverture médicale dans certaines provinces ;
  • manque d’infrastructures hospitalières ;
  • routes difficiles d’accès ;
  • zones de conflit armé ;
  • déplacements massifs de population ;
  • faibles capacités de surveillance dans les zones rurales.

Ces éléments compliquent la détection rapide des cas et le contrôle des chaînes de transmission.

À l’inverse, l’Ouganda dispose d’un système de surveillance épidémiologique souvent considéré comme plus réactif et mieux coordonné, notamment grâce à des investissements importants dans les laboratoires et la réponse communautaire après plusieurs crises sanitaires.


3. Une perception médiatique défavorable

Plusieurs analystes estiment également que la RDC souffre d’une image internationale associée aux crises humanitaires, aux conflits et aux épidémies.

Résultat : lorsqu’une flambée apparaît dans la région des Grands Lacs, les projecteurs médiatiques se tournent rapidement vers Kinshasa ou l’est congolais, même lorsque l’origine initiale du foyer est située ailleurs.


Les conséquences économiques pour la RDC

Cette association quasi automatique entre Ebola et la RDC entraîne des conséquences importantes pour l’économie congolaise.

Baisse des investissements

Lors des flambées Ebola, certains investisseurs étrangers suspendent temporairement leurs activités, notamment dans :

  • les mines ;
  • le commerce transfrontalier ;
  • le transport ;
  • le tourisme.

Restrictions aux frontières

Des pays voisins imposent parfois :

  • des contrôles renforcés ;
  • des limitations de circulation ;
  • des fermetures partielles de frontières.

Ces mesures ralentissent les échanges commerciaux dans une région déjà fragile économiquement.


Impact sur les populations locales

Dans les provinces touchées :

  • les marchés se vident ;
  • les prix augmentent ;
  • les écoles ferment parfois ;
  • les agriculteurs ont plus de difficultés à écouler leurs produits.

La peur du virus peut également provoquer une chute de fréquentation des centres de santé, y compris pour d’autres maladies.


Différence entre la souche Bundibugyo et la souche Zaïre

Il existe plusieurs espèces du virus Ebola. Les deux plus connues en Afrique centrale sont la souche Zaïre et la souche Bundibugyo.

La souche Zaïre

Taux de leˊtaliteˊ  60%90%Taux\ de\ létalité\ \approx\ 60\%-90\%Taux de leˊtaliteˊ ≈ 60%−90%

  • découverte en 1976 dans l’ancien Zaïre ;
  • considérée comme la plus mortelle ;
  • responsable de grandes épidémies en RDC et en Afrique de l’Ouest ;
  • plusieurs vaccins efficaces existent aujourd’hui contre cette souche.

Le vaccin rVSV-ZEBOV, utilisé massivement en RDC lors des précédentes flambées, cible principalement cette variante.


La souche Bundibugyo

Taux de leˊtaliteˊ  25%40%Taux\ de\ létalité\ \approx\ 25\%-40\%Taux de leˊtaliteˊ ≈ 25%−40%

  • identifiée pour la première fois en Ouganda ;
  • mortalité généralement plus faible que la souche Zaïre ;
  • beaucoup moins étudiée ;
  • aucun vaccin homologué spécifique n’est encore largement disponible.

Cela complique la réponse sanitaire lorsqu’une flambée Bundibugyo apparaît.


Une lutte régionale plus que nationale

Pour les experts, Ebola n’est pas un problème propre à un seul pays.

Les frontières entre la RDC, l’Ouganda, le Rwanda et le Soudan du Sud sont extrêmement poreuses. Les populations traversent quotidiennement ces zones pour le commerce, l’agriculture ou les déplacements familiaux.

Dans ce contexte, les organisations sanitaires rappellent que la lutte contre Ebola nécessite une coopération régionale permanente plutôt qu’une désignation de responsabilité nationale.

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