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RDC : Ce que devrait publier le CEEC sur l’exportation du lithium de Manono par Zijin

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RDC : première exportation du lithium de Manono vers la Chine

Kiki Kienge

« valorisation des ressources », mais la question est de savoir où se crée réellement cette valeur ?

Kinshasa – La certification par le Centre d’Expertise, d’Évaluation et de Certification des Substances Minérales (CEEC) de la première cargaison de lithium destinée à l’exportation marque une étape importante pour la République démocratique du Congo, désormais présente sur le marché mondial du lithium.

Dans son communiqué, le CEEC souligne que cette opération constitue une avancée dans la valorisation des ressources minières nationales. Toutefois, pour de nombreux observateurs, le rôle de l’établissement public ne devrait pas se limiter à certifier les cargaisons exportées. Il devrait également publier des données techniques et économiques permettant d’évaluer la valeur réelle des ressources qui quittent le territoire congolais.

L’enjeu est majeur. Le concentré de spodumène exporté ne contient pas uniquement du lithium. Selon la géologie du gisement et le procédé de traitement utilisé, il peut également renfermer ou être associé à d’autres éléments stratégiques tels que le tantale, le niobium, le césium, le rubidium et d’autres métaux critiques.

La question centrale est donc de savoir où se crée réellement la valeur économique : en République démocratique du Congo, où le minerai est extrait et concentré, ou à l’étranger, où il est raffiné puis transformé en produits destinés à l’industrie des batteries.

Dans une logique de transparence, le CEEC pourrait publier un ensemble d’informations techniques permettant d’éclairer le débat public.

En premier lieu, la composition minéralogique et chimique des concentrés exportés : la teneur en oxyde de lithium (Li₂O), les concentrations en tantale, niobium, césium, rubidium ainsi que les niveaux d’humidité et les principales impuretés.

L’organisme pourrait également communiquer les volumes certifiés, notamment le tonnage exporté, la teneur moyenne du concentré et la quantité totale de lithium contenue dans chaque cargaison.

Une autre donnée importante concerne les sous-produits. Quels minéraux ont effectivement été récupérés lors du traitement ? Lesquels sont exportés avec le concentré ? Lesquels demeurent dans les résidus miniers ? Ces informations permettraient de mieux apprécier la valorisation réelle du gisement.

Sur le plan économique, la publication de la valeur estimée des cargaisons, du prix de référence retenu pour la certification, ainsi que des redevances et taxes dues à l’État renforcerait la transparence du secteur.

Le CEEC pourrait aussi diffuser un bilan matière (mass balance) indiquant le volume de roche extrait, la quantité de concentré produite et le taux de récupération du lithium ainsi que des autres éléments valorisables. Ces indicateurs sont couramment utilisés pour évaluer les performances techniques d’une exploitation minière.

Enfin, la publication d’un résumé des analyses de laboratoire – méthodes employées, laboratoire certificateur et résultats synthétiques – ainsi que d’études techniques sur les caractéristiques du minerai et les possibilités de transformation locale contribuerait à une meilleure compréhension de la filière.

Une telle démarche ne remettrait pas en cause le rôle du CEEC en matière de certification. Au contraire, elle renforcerait sa mission d’expertise en fournissant des données objectives sur les substances minérales exportées. Dans un contexte où les minerais stratégiques occupent une place croissante dans l’économie mondiale, la publication régulière de ces informations constituerait un outil de transparence, d’aide à la décision publique et de renforcement de la confiance des citoyens dans la gestion des ressources naturelles.

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