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DEAL MINIER RDC–USA : POUR LES AMÉRICAINS, SÉCURISER LES MINERAIS STRATÉGIQUES OU SÉCURISER LE CONGO ?

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Accord minier USA/RDC ou un jeu de poker entre Donald Trump et Félix Tshisekedi ?

Kiki Kienge

L’urgence américaine à obtenir les minerais critiques congolais signifie-t-elle automatiquement une garantie américaine d’industrialiser et de sécuriser la RDC ?

Non. Et c’est probablement toute l’ambiguïté du partenariat.

Washington poursuit d’abord une priorité stratégique : sécuriser ses chaînes d’approvisionnement en cuivre, cobalt, coltan, lithium et autres minerais critiques, tout en réduisant sa dépendance vis-à-vis de la Chine.

La priorité congolaise devrait être différente : profiter de cette compétition mondiale pour obtenir des usines de transformation, de l’électricité, des chemins de fer, des emplois qualifiés, des transferts technologiques et surtout davantage de valeur ajoutée produite en RDC.

Car remplacer simplement un acheteur chinois par un acheteur américain ne signifie pas industrialiser le Congo.

Même interrogation autour du Corridor de Lobito : servira-t-il principalement à évacuer plus rapidement les minerais congolais vers l’Atlantique, ou deviendra-t-il un véritable corridor de développement, avec des industries, de l’énergie, de l’agriculture et des entreprises congolaises ?

Sur la sécurité également, il faut distinguer deux objectifs : sécuriser les investissements, les mines et les corridors stratégiques n’est pas nécessairement sécuriser l’ensemble du territoire et la population congolaise.

Washington pourrait donc réussir sa stratégie pendant que Kinshasa échoue dans la sienne.

Les États-Unis ont déjà obtenu un cadre leur permettant de renforcer leur accès aux minerais stratégiques congolais. Mais jusqu’où leur engagement sécuritaire ira-t-il ? Et surtout, quelle sera leur position face à l’évolution politique congolaise à l’approche de l’après-2028 ?

La question mérite d’être posée plutôt que transformée trop rapidement en certitude.

Si dans dix ans les États-Unis ont sécurisé leur accès au cuivre, au cobalt et aux autres minerais critiques, tandis que la RDC continue essentiellement à exporter ses ressources avec peu de transformation locale, les Américains auront réussi leur stratégie. Pas nécessairement les Congolais.

La RDC possède pourtant un avantage historique : dans cette nouvelle compétition mondiale pour les minerais critiques, ce sont les grandes puissances qui ont besoin de ce que possède le Congo.

Mais les autorités congolaises ont-elles pleinement conscience de ce rapport de force et l’utilisent-elles pour défendre les intérêts économiques de long terme du pays, ou les calculs politiques et les intérêts particuliers risquent-ils encore de prendre le dessus sur l’intérêt national ?

La vraie question est donc :

Que la RDC exige concrètement en échange de l’accès stratégique à ses minerais ?

Des usines ?
Des centrales électriques ?
Des infrastructures ?
Des transferts de technologies ?
Des garanties sécuritaires durables ?
Une véritable industrie congolaise ?

Car il ne faudrait surtout pas confondre l’urgence américaine de sécuriser les minerais de la RDC avec une garantie américaine d’industrialiser le Congo.

Et encore moins confondre un partenariat stratégique entre deux États avec une assurance politique destinée à protéger le pouvoir de Félix Tshisekedi après 2028.

Les minerais appartiennent à la RDC. Le partenariat, lui, doit survivre aux régimes politiques.

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