Google search engine
Accueil AFRIQUE RDC–Rwanda : Entre neutralisation et protocole, Washington relance le bras de fer...

RDC–Rwanda : Entre neutralisation et protocole, Washington relance le bras de fer autour des FDLR.

0
139
Patrick Muyaya et Yolande Makolo, respectivement porte-paroles des gouvernement de la RDC et Rwanda

Kiki Kienge

À peine les premières étapes de mise en œuvre de l’accord de Washington engagées, Kinshasa et Kigali affichent déjà une lecture radicalement différente de la question des FDLR, principal point de friction entre les deux voisins depuis près de trois décennies.

Le gouvernement congolais, par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya, annonce que les FDLR ont signé un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement « par la sensibilisation », conformément aux engagements pris dans le cadre des accords de Washington et du Concept d’opérations (CONOPS). Pour Kinshasa, cette avancée constitue un tournant majeur sur un dossier que les autorités congolaises estiment avoir longtemps servi de justification aux interventions militaires rwandaises sur le territoire de la RDC.

À Kigali, le ton est tout autre. La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, rejette cette annonce et rappelle que l’accord de Washington prévoit la neutralisation des FDLR, et non la négociation d’un protocole avec ce que le Rwanda qualifie de « milice génocidaire ». Elle affirme que le mouvement reste intégré aux forces congolaises et actif sur les lignes de front, estimant que seule une opération de démantèlement vérifiable répondra aux exigences de l’accord.

Au-delà de la bataille des mots, cette divergence met en lumière l’un des principaux défis de l’accord de Washington : la définition même de la « neutralisation » des FDLR. Là où Kinshasa privilégie une approche progressive fondée sur le désarmement volontaire, Kigali réclame des résultats concrets, immédiats et vérifiables.

Cette opposition d’interprétation pourrait rapidement devenir le premier véritable test de l’accord de Washington. Car si les deux capitales ne s’accordent pas sur ce que signifie la mise en œuvre de leurs engagements, le risque est grand de voir renaître les accusations mutuelles qui ont longtemps alimenté les tensions sécuritaires dans la région des Grands Lacs.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici