Kiki Kienge
La sénatrice honoraire Bijoux Goya Kitenge hausse le ton sur le projet de dialogue national porté par le président Félix Tshisekedi. Dans une déclaration particulièrement critique, elle refuse de participer à une démarche dans laquelle le chef de l’État serait à la fois protagoniste, médiateur et maître des débats.
« Nous refusons catégoriquement de nous associer à une démarche où l’un des protagonistes s’autoproclame médiateur et chef des débats », affirme-t-elle.
Pour l’ancienne sénatrice, le principe même du dialogue suppose l’égalité entre les participants. Elle estime qu’aucune partie ne peut s’installer en position de supériorité tout en prétendant organiser une concertation destinée à rechercher la cohésion nationale.
« Le dialogue suppose la reconnaissance de l’autre comme un égal politique »
Bijoux Goya Kitenge considère que le dialogue national ne peut fonctionner que si les différentes parties sont placées sur un pied d’égalité.
« Il n’existe pas de hiérarchie dans la recherche de la cohésion nationale; il n’y a que des partenaires égaux, réunis autour d’une même table », soutient-elle.
Selon elle, dès lors qu’un protagoniste cherche à contrôler le cadre, les débats ou les conclusions, la concertation risque de perdre sa crédibilité.
Elle va jusqu’à comparer une telle démarche à une « mise en scène théâtrale », estimant que ce qui est présenté comme un dialogue pourrait se transformer en exercice de pouvoir.
Un « monologue vertical » plutôt qu’un dialogue national
La sénatrice honoraire dénonce ainsi ce qu’elle qualifie de « monologue vertical déguisé en concertation ».
À ses yeux, un véritable dialogue national ne peut être conçu comme une simple consultation organisée autour des conditions fixées par le pouvoir en place. Il devrait, au contraire, permettre aux différentes forces politiques et sociales de discuter sur un pied d’égalité des causes de la crise et des solutions à y apporter.
« Ce n’est plus le dialogue de la Nation; c’est la privatisation d’un débat public au profit d’un seul homme », affirme-t-elle.
Un message direct à Félix Tshisekedi
Bijoux Goya Kitenge adresse également un message sans détour au président Félix Tshisekedi.
« S’il aspire sincèrement à un authentique sursaut national pour sortir notre pays de la crise, il doit impérativement renoncer à son hégémonie », déclare-t-elle.
Elle invite ainsi le chef de l’État à accepter ce qu’elle présente comme la « règle d’or de la démocratie » : s’asseoir à la table des négociations comme un partenaire parmi les autres, sans privilège ni préséance.
Cette sortie intervient alors que l’idée d’un dialogue national continue de susciter de fortes divergences en République démocratique du Congo. Si le principe d’un dialogue est défendu par plusieurs acteurs, les conditions de son organisation, son cadre et surtout la question de l’impartialité du processus restent au cœur des contestations.
Pour Bijoux Goya Kitenge, l’enjeu est donc moins de savoir s’il faut dialoguer que de déterminer dans quelles conditions ce dialogue peut être considéré comme véritablement inclusif et crédible.
Son message se résume en une formule : pas de dialogue véritable sans égalité politique entre les protagonistes.















