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RDC : Washington salue le dialogue de Tshisekedi, mais insiste sur son caractère « inclusif »

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Félix Tshisekedi et Massad Boulos, conseiller principal du président américain, Donald Trump pour l’Afrique

Kiki Kienge

L’annonce du dialogue national lancé par le président Félix-Antoine Tshisekedi reçoit un premier soutien important sur la scène internationale. Les États-Unis saluent l’initiative, tout en mettant en avant une condition essentielle : le caractère « inclusif et constructif » du processus.

Dans une déclaration publiée par Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour l’Afrique, Washington estime qu’un dialogue inclusif peut contribuer à « renforcer la confiance », à promouvoir la paix et la stabilité et à prendre en compte les aspirations du peuple congolais.

Cette prise de position intervient au lendemain de l’adresse à la Nation de Félix Tshisekedi, qui a officiellement lancé un « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Le processus doit commencer par des consultations dans les 26 provinces, avant des assises nationales à Kinshasa, pour une durée maximale de trois mois.

Une inclusivité qui fait débat

Félix Tshisekedi affirme vouloir un processus ouvert aux différentes composantes de la société congolaise, sans exclusion fondée sur les opinions politiques, l’origine, la langue ou l’appartenance religieuse.

Mais le chef de l’État a également fixé des limites. Les groupes qui combattent par les armes l’ordre constitutionnel, occupent des territoires par la force ou administrent illégalement des entités de l’État ne participeront pas au dialogue en qualité de composantes politiques. L’AFC-M23 est notamment concernée par cette exclusion, Kinshasa considérant que les questions liées à la cessation des hostilités et au désarmement doivent être traitées dans le cadre du processus de Doha.

Cette position pose une question centrale : jusqu’où doit aller l’inclusivité d’un dialogue national lorsqu’une partie des acteurs est engagée dans une confrontation armée avec l’État ?

Pour Kinshasa, l’inclusivité ne peut pas signifier que la prise de territoires par les armes donne automatiquement une légitimité politique. Pour Washington, en revanche, le terme « inclusif » placé au cœur de son message constitue un élément important pour que le processus puisse réellement restaurer la confiance.

Un soutien américain, mais pas un blanc-seing ?

La réaction de Massad Boulos constitue un soutien diplomatique significatif à l’initiative de Tshisekedi. Mais Washington ne détaille pas publiquement, dans cette déclaration, les acteurs qu’il considère comme devant participer au dialogue.

La nuance est importante : les États-Unis saluent le principe du dialogue et souhaitent qu’il soit inclusif et constructif. Ils ne valident donc pas nécessairement chaque modalité annoncée par Kinshasa.

Le dialogue national s’inscrit par ailleurs dans un contexte politique particulièrement sensible, marqué par la crise sécuritaire dans l’Est, les processus de Washington et de Doha, mais aussi par les débats internes sur les institutions et l’avenir constitutionnel du pays.

L’enjeu pour Félix Tshisekedi sera désormais de transformer cette initiative en un processus suffisamment crédible pour rassembler les forces politiques et sociales du pays.

Car au-delà du soutien international, une question restera déterminante : qui sera autour de la table, qui en sera absent et surtout, que produiront les conclusions de ce dialogue ?

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