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RDC : Changement de la Constitution, le dilemme Kamerhe : vivre ou mourir politiquement ?

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Kamerhe la vie ou la mort, oui ou non ?

Kiki Kienge

Par-delà les débats juridiques sur une éventuelle révision constitutionnelle en République démocratique du Congo, une question agite désormais les cercles politiques de Kinshasa : quel sera le choix de Vital Kamerhe ?

Pour le président de l’UNC et actuel allié de Félix Tshisekedi, l’heure semble venue de trancher entre la fidélité à une alliance devenue asymétrique et la préservation de son propre avenir politique.

L’histoire entre les deux hommes remonte à l’élection présidentielle de 2018. À l’époque, au sein de la coalition Cap pour le changement (CACH), Vital Kamerhe accepte de s’effacer au profit de Félix Tshisekedi. Selon les termes politiques alors évoqués dans leur entourage respectif, ce sacrifice devait ouvrir la voie à un soutien de l’UDPS à une éventuelle candidature de Kamerhe lors de l’échéance suivante.

Mais une fois Tshisekedi installé au pouvoir, la réalité du rapport de force a rapidement rattrapé les promesses de campagne. Affaibli par ses démêlés judiciaires puis marginalisé dans les centres de décision, Kamerhe a dû composer avec une majorité présidentielle de plus en plus dominée par l’UDPS et le cercle rapproché du chef de l’État.

Pour beaucoup de ses partisans, l’ancien directeur de cabinet du président a été contraint « d’avaler le crapaud » afin de préserver son influence et la survie politique de son parti.

Le piège de la révision constitutionnelle

En 2026, le débat sur une éventuelle modification de la Constitution place à nouveau Vital Kamerhe face à un choix existentiel.

Alors que Félix Tshisekedi ne cache plus sa volonté de voir évoluer les institutions du pays, une partie de l’opposition redoute que cette démarche ne serve, à terme, à prolonger son maintien au pouvoir. Dans ce contexte, chaque acteur politique est sommé de se positionner.

Pour Kamerhe, le dilemme est particulièrement délicat.

S’il garde le silence, beaucoup interpréteront cette attitude comme une approbation tacite du projet présidentiel. Une telle posture renforcerait l’image d’un allié fidèle, mais au prix du risque d’apparaître comme le cautionnaire d’une concentration accrue du pouvoir autour de Tshisekedi.

À l’inverse, une prise de position publique contre toute révision constitutionnelle pourrait être perçue comme une rupture ouverte avec le camp présidentiel.

Une telle décision soulève une autre interrogation : Vital Kamerhe dispose-t-il encore des leviers politiques nécessaires pour affronter une machine présidentielle qui contrôle l’essentiel des institutions de l’État ?

Le signal du démenti

Ces dernières semaines, une prétendue déclaration attribuée à Vital Kamerhe a largement circulé sur les réseaux sociaux.

Le texte lui faisait notamment dire que « l’adaptation de notre loi fondamentale n’est pas une simple option politique ; elle s’impose à nous comme une nécessité historique ».

L’entourage du leader de l’UNC s’est toutefois empressé de démentir l’authenticité de ces propos.

Au-delà de la lutte contre la désinformation, ce démenti a immédiatement alimenté les spéculations. Certains y voient la preuve que Kamerhe refuse d’être associé, au moins pour l’instant, au projet de révision constitutionnelle porté par les proches du président. D’autres estiment qu’il s’agit avant tout d’une stratégie visant à préserver sa marge de manœuvre dans un débat hautement sensible.

Les appels de l’opposition

Consciente de la position stratégique occupée par Kamerhe, une partie de l’opposition multiplie les signaux en sa direction.

Des personnalités comme Olivier Kamitatu, proche de Moïse Katumbi, l’invitent ouvertement à rejoindre le camp opposé à toute modification de la Constitution. Pour ces acteurs, une prise de distance de Kamerhe constituerait un tournant majeur dans le paysage politique congolais et fragiliserait considérablement le projet présidentiel.

Reste que le président de l’UNC connaît mieux que quiconque le coût des ruptures politiques en RDC. Celui que ses admirateurs surnomment le « Mwalimu », le professeur de la politique congolaise, a bâti sa carrière sur sa capacité à négocier, à réconcilier et à survivre aux tempêtes.

Mais certaines séquences historiques obligent les hommes politiques à choisir leur camp.

Pour Vital Kamerhe, le débat sur la Constitution pourrait bien représenter ce moment décisif. Entre la fidélité à un allié devenu dominant et l’opportunité de redevenir une figure centrale de l’alternance, l’ancien président de l’Assemblée nationale avance sur une ligne de crête.

Et à Kinshasa, nombreux sont ceux qui considèrent désormais que son silence ne pourra plus durer éternellement.

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