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RDC/Nord-Kivu : 16 morts, les ADF frappent à nouveau et Beni replonge dans la peur

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Massacres à Beni

Kiki Kienge

Une nouvelle nuit de terreur a endeuillé le territoire de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2026, des attaques simultanées attribuées aux rebelles des Allied Democratic Forces (ADF) ont visé les localités de Ngadi et Vemba, faisant au moins seize morts parmi les civils, selon des sources locales.

Les assaillants, lourdement armés, ont frappé plusieurs habitations et campements dans ces villages situés au nord-ouest de la ville de Beni. Des témoins rapportent que les victimes ont été surprises dans leur sommeil, tandis que plusieurs personnes demeurent portées disparues. Le bilan pourrait ainsi s’alourdir dans les prochains jours.

Cette nouvelle tragédie rappelle la vulnérabilité persistante des populations civiles dans cette région pourtant placée sous état de siège depuis plusieurs années. Malgré les opérations conjointes menées par les forces congolaises et ougandaises contre les groupes armés, les ADF continuent de démontrer leur capacité de nuisance et leur faculté à mener des attaques coordonnées contre des cibles civiles.

À Ngadi, l’attaque a particulièrement touché un campement de membres de la communauté autochtone, déjà fragilisée par des années de conflit et de déplacements forcés. À Vemba, plusieurs familles ont abandonné leurs domiciles dès les premières heures suivant les violences, craignant de nouvelles incursions.

Pour de nombreux observateurs, cette recrudescence des massacres souligne les limites de la stratégie sécuritaire actuelle dans la région de Beni. Depuis le début de l’année, les organisations de la société civile dénoncent une multiplication des attaques contre les civils, malgré l’intensification des opérations militaires dans les zones forestières servant de refuge aux combattants.

Nés en Ouganda dans les années 1990, les ADF se sont progressivement implantés dans l’est de la RDC, où ils sont devenus l’un des groupes armés les plus meurtriers du pays. Accusés de centaines de massacres au cours de la dernière décennie, ils sont également soupçonnés d’entretenir des liens avec l’organisation État islamique à travers sa branche d’Afrique centrale.

Alors que les habitants de Beni réclament davantage de protection, cette nouvelle attaque risque d’alimenter les critiques contre les autorités et de raviver le sentiment d’abandon qui prévaut dans plusieurs localités du Nord-Kivu. Pour les familles des victimes, l’urgence demeure toutefois ailleurs : retrouver les disparus, soigner les blessés et tenter de reconstruire une vie une nouvelle fois brisée par la violence.

Dans une région où les massacres se succèdent depuis plus d’une décennie, chaque attaque ravive la même question : jusqu’à quand les populations civiles continueront-elles de payer le prix d’une guerre sans fin ?

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