kiki Kienge
Le chef de l’armée ougandaise, le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Museveni et considéré comme son successeur politique potentiel, a publiquement salué la décision du président congolais Félix Tshisekedi de remplacer le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama.
Dans un message publié sur le réseau social X, Muhoozi Kainerugaba a exprimé sa satisfaction après l’annonce du changement à la tête de cette province stratégique de l’est de la République démocratique du Congo.
« Je veux remercier mon grand frère, S.E. Tshisekedi, d’avoir entendu les cris du peuple d’Ituri et d’avoir écarté le gouverneur toxique. Je veux saluer le grand amour et la solidarité entre les peuples de l’Ouganda et de la RDC qui ont été construits sous les leaderships des présidents Kaguta Museveni et Tshisekedi », a-t-il écrit.
Cette déclaration ne passe pas inaperçue dans un contexte marqué par une coopération militaire étroite entre Kinshasa et Kampala. Depuis plusieurs années, les Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) sont déployées sur le territoire congolais dans le cadre d’opérations conjointes menées avec les FARDC contre les groupes armés actifs dans l’est du pays.
Le message du chef de l’armée ougandaise risque d’alimenter les spéculations sur les relations parfois complexes entre les autorités de Kampala et l’administration provinciale sortante de l’Ituri. Plusieurs observateurs estimaient depuis longtemps que le gouverneur Johnny Luboya défendait une ligne de gestion sécuritaire et administrative susceptible de contrarier certains intérêts économiques et stratégiques dans la région. Ces analyses n’ont toutefois jamais fait l’objet de confirmations officielles de la part des gouvernements congolais ou ougandais.
À Kinshasa, aucune réaction officielle n’avait été enregistrée au moment de la publication du message de Muhoozi Kainerugaba. Mais la prise de position du puissant chef militaire ougandais souligne l’importance que Kampala accorde à l’évolution de la situation politique et sécuritaire en Ituri, une province frontalière au cœur des enjeux régionaux.
Au-delà du cas Luboya, cette sortie publique confirme également la proximité politique affichée entre les présidents Félix Tshisekedi et Yoweri Museveni, dont les gouvernements ont considérablement renforcé leur coopération ces dernières années, notamment dans les domaines sécuritaire, économique et infrastructurel.















