Kiki Kienge
L’Union des Sociétés Minières aux Capitaux Chinois en République démocratique du Congo (USMCC) a publié mercredi un communiqué visant à démentir les informations selon lesquelles les produits de cobalt issus des mines exploitées par des entreprises chinoises dans le sud-est du pays contiendraient des niveaux excessifs d’uranium.
Dans ce document, l’organisation affirme qu’aucun produit de cobalt extrait, transformé et exporté par ses entreprises membres ne présente une teneur en uranium supérieure aux normes applicables. Elle indique que les sociétés concernées respectent la réglementation congolaise ainsi que les standards d’analyse reconnus dans le commerce international.
Si le communiqué rejette les accusations de contamination excessive, il reconnaît néanmoins implicitement que de l’uranium peut être présent dans les produits cobaltifères.
L’USMCC précise en effet que les produits d’hydroxyde de cobalt fabriqués dans des conditions normales de production « ne contiennent que des traces naturelles extrêmement faibles d’uranium ». Selon l’organisation, ces concentrations restent largement inférieures au seuil permettant une exploitation économiquement ou techniquement viable de ce métal radioactif.
L’association ajoute qu’il n’existe « aucune condition économique ni technique » permettant de récupérer ou d’exploiter industriellement cet uranium, soulignant que la présence de ces traces naturelles ne modifie pas la nature du produit commercialisé, qui demeure un produit cobaltifère.
Le communiqué rappelle également que toute activité liée à l’exploration, à l’exploitation, au transport ou au commerce de ressources uranifères relève de la compétence des autorités congolaises et demeure soumise aux lois en vigueur en République démocratique du Congo.
Cette prise de position intervient alors que des rumeurs circulent depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux et dans certains milieux spécialisés, affirmant que du cobalt exporté depuis la RDC contiendrait des quantités importantes d’uranium. Selon l’USMCC, ces informations sont « infondées » et risquent de perturber les activités commerciales tout en portant atteinte à la réputation des entreprises minières chinoises ainsi qu’à celle du cobalt congolais sur les marchés internationaux.
La question de la présence naturelle d’uranium dans certains minerais du Copperbelt congolais est toutefois connue des géologues depuis plusieurs décennies. Certains gisements de cuivre et de cobalt du Katanga et du Lualaba sont naturellement associés à des éléments radioactifs, dont l’uranium. Les spécialistes soulignent que la question déterminante n’est pas l’existence de traces naturelles, mais leur concentration et leur conformité aux normes réglementaires.
Le communiqué de l’USMCC ne publie cependant aucun résultat d’analyse chiffré, ni les concentrations mesurées, les seuils de référence utilisés ou les laboratoires ayant effectué les contrôles. L’organisation indique qu’elle poursuivra des contrôles réguliers de la qualité des produits et affirme vouloir publier leurs résultats de manière transparente à l’avenir.
La République démocratique du Congo demeure le premier producteur mondial de cobalt, un minerai stratégique utilisé notamment dans la fabrication des batteries pour véhicules électriques. Une remise en cause de la qualité ou de la conformité de ses exportations pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement mondiale.















