Kiki Kienge
La tension politique monte d’un cran en République démocratique du Congo. Alors que le débat autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle continue d’agiter la scène nationale, le parti d’opposition Ensemble pour la République accuse ouvertement le président Félix Tshisekedi de vouloir instaurer un « coup d’État institutionnel ».
Dans une déclaration au ton particulièrement virulent, le mouvement dirigé par Moïse Katumbi par la voie de Olivier Kamitatu, estime que le pouvoir en place chercherait à modifier les règles démocratiques afin de consolider durablement son emprise sur l’État.
« Le régime de M. Félix Tshisekedi ne propose pas une réforme, il organise un coup d’État institutionnel », affirme le communiqué. « La Constitution n’a pas trahi le Congo, ce sont les gouvernants qui ont trahi la Constitution. »
L’opposition considère que toute tentative de révision de la loi fondamentale dans le contexte actuel constituerait une menace directe contre l’alternance démocratique acquise au prix de longues luttes politiques.
Le texte évoque même « une velléité de présidence à vie », qualifiée de « déclaration de guerre au peuple congolais ».
Le parti Ensemble pour la République affirme agir « fidèle à la mémoire des martyrs de la démocratie » et appelle les Congolais à rester mobilisés face à ce qu’il présente comme une dérive autoritaire du pouvoir.
Dans cette sortie, l’opposition va plus loin en évoquant une possible responsabilité pénale du chef de l’État. Selon le communiqué, « le président Tshisekedi se rend coupable de poursuites conformément aux dispositions des articles 164 et 165 de notre loi fondamentale », une référence aux mécanismes constitutionnels relatifs à la responsabilité du président de la République en cas de violation grave de la Constitution.
Cette nouvelle charge politique intervient dans un climat déjà marqué par de fortes tensions sécuritaires et sociales dans le pays. À Kinshasa, plusieurs acteurs de la société civile redoutent qu’un débat constitutionnel mal maîtrisé ne ravive les fractures politiques et n’alimente davantage la défiance envers les institutions.
Du côté du pouvoir, aucune réaction officielle n’avait encore été publiée au moment de la rédaction de cet article. Toutefois, les proches du président assurent régulièrement que toute réflexion institutionnelle s’inscrirait dans un cadre légal et démocratique.
À mesure que le débat s’intensifie, une question demeure : la RDC s’engage-t-elle vers une réforme consensuelle de ses institutions ou vers une nouvelle confrontation politique majeure au risque d’embraser le pays ?















