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Après le Rwanda, l’Ouganda, le tour au Soudan : des incursions en RDC qui inquiètent

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Copyright 2010 Peter Greste

Kiki Kienge

La pression sécuritaire aux frontières de la République démocratique du Congo (RDC) ne faiblit pas. Après les tensions persistantes à l’Est impliquant le Rwanda et l’Ouganda, une nouvelle zone d’instabilité retient désormais l’attention des autorités : la frontière avec le Soudan du Sud, dans le territoire d’Aru, en Ituri.

Dans cette région du nord-est du pays, la situation sécuritaire reste préoccupante. Des incursions répétées d’hommes armés en provenance du Soudan du Sud sont signalées dans la chefferie de Kakwa, notamment dans le groupement de Roumou et le village d’Agoroba. Selon plusieurs sources locales, ces hommes armés mènent des opérations violentes, marquées par des pillages, des enlèvements et des actes d’intimidation contre les populations civiles.

« Ce sont des hommes armés venant du Soudan du Sud qui ont pillé la population, emporté des vaches, des chèvres, de l’argent, et même enlevé des jeunes qui restent jusqu’à présent en brousse », déplore une autorité coutumière de la zone. « Cette situation ne date pas d’aujourd’hui. Cela fait plusieurs mois que ces hommes traversent la frontière pour attaquer nos villages », ajoute-t-elle, soulignant le caractère récurrent de ces attaques.

Face à cette dégradation sécuritaire, le député national Dieudonné Tabani tire la sonnette d’alarme. Selon lui, les incursions de militaires sud-soudanais dans plusieurs localités de la chefferie des Kakwa prennent une ampleur inquiétante. « Des hommes armés venant du Soudan du Sud pillent la population, emportent des vaches, des chèvres et de l’argent, et enlèvent même des jeunes qui restent jusqu’à présent en brousse », dénonce-t-il.

L’élu pointe également du doigt la faiblesse du dispositif sécuritaire congolais le long de cette frontière poreuse. « Le long de la frontière, l’effectif de nos forces est très minime. Quand ces hommes armés entrent, ils ne trouvent pas une riposte rigoureuse », regrette-t-il.

Dans ce contexte, il appelle à une réaction urgente des autorités. « Nous appelons les autorités provinciales, sous état de siège, à renforcer urgemment la présence militaire dans la zone. Le gouvernement central devra aussi engager des démarches diplomatiques en vue d’une délimitation claire de la frontière, souvent évoquée comme un facteur aggravant de ces incursions », insiste-t-il.

Malgré la gravité de la situation, Dieudonné Tabani invite la population à garder son calme. Il assure que les autorités compétentes ont été saisies du dossier et que des mesures devraient être prises pour sécuriser durablement cette zone stratégique, désormais exposée à une nouvelle dynamique de violence transfrontalière.

Alors que la RDC fait déjà face à des défis sécuritaires multiples à l’Est, cette nouvelle tension au nord-est rappelle l’urgence d’une réponse coordonnée, à la fois militaire et diplomatique, pour contenir l’instabilité aux frontières et protéger les populations civiles.

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